
Qu'est-ce que la dyshidrose et comment l'apaiser ?
La dyshidrose est une affection de la peau aussi douloureuse qu'invalidante. Les petites ampoules qui la caractérisent peuvent rendre difficiles les activités les plus courantes, ne serait-ce que le fait de marcher ou de se laver les mains ! Vous pensez en être atteint(e) ? Voici un tour d’horizon complet pour comprendre cette inflammation cutanée et adopter la bonne routine de soins.
- La dyshidrose est une forme d'eczéma palmo-plantaire caractérisée par l'apparition de petites vésicules prurigineuses sur la paume des mains, la plante des pieds et la face latérale des doigts.
- Elle est principalement liée à un terrain d'eczéma atopique, à une allergie de contact ou à une transpiration excessive.
- On distingue trois formes de dyshidrose : simple (petites vésicules), bulleuse (vésicules plus volumineuses) et hémorragique (vésicules qui contiennent du sang).
- En l'absence de prise en charge adaptée, les lésions peuvent évoluer vers une surinfection bactérienne et prolonger les poussées.
- Pour l’apaiser, il est conseillé de combiner un traitement médical encadré par un professionnel, l’application de crèmes émollientes au quotidien et de bons gestes pour protéger la barrière cutanée.
Définition : qu'est-ce que la dyshidrose ?
La dyshidrose (aussi appelée eczéma dyshidrosique ou eczéma palmo-plantaire) est une forme particulière d'eczéma des mains et des pieds à évolution chronique et récidivante. Elle se manifeste par des vésicules profondes, bien délimitées, qui siègent sur la paume des mains, la plante des pieds et la face latérale des doigts. Ces vésicules sont généralement transparentes, font 1 à 2 mm de diamètre et s'accompagnent de démangeaisons intenses, voire des sensations de brûlure1.
Malgré son nom, la dyshidrose n'est pas directement liée aux glandes sudoripares. De nombreuses recherches ont été réalisées autour de cette affection cutanée, mais ses mécanismes exacts restent encore partiellement élucidés. À ce jour, on estime que cette condition est le résultat de plusieurs facteurs qui se combinent pour provoquer une inflammation cutanée localisée.
Définition : À retenir : dyshidrose, eczéma dyshidrosique et eczéma vésiculeux des mains et des pieds désignent la même affection. Le terme médical le plus courant dans la littérature internationale est « pompholyx », qui est utilisé notamment pour les formes bulleuses.
Quels sont les différents types de dyshidrose ?
La dyshidrose se présente sous 3 formes cliniques distinctes dont la gravité et l'aspect varient. Pour bénéficier d’une prise en charge appropriée, il est essentiel de savoir à quel type vous avez affaire2. Sachez toutefois que seul un professionnel de santé pourra diagnostiquer avec précision votre dyshidrose.
La dyshidrose simple
La dyshidrose simple est la forme la plus répandue. Elle se caractérise par des vésicules de petite taille (1 à 2 mm), profondes, regroupées en bouquets sur la plante des pieds et les mains. Les démangeaisons sont intenses dès l'apparition des vésicules et les lésions évoluent en quelques semaines vers une desquamation fine avant de disparaître. Les poussées peuvent se répéter à intervalles irréguliers, parfois pendant plusieurs années.
La dyshidrose bulleuse
La dyshidrose bulleuse, aussi qualifiée d'eczéma bulleux, correspond à une forme plus sévère dans laquelle les vésicules fusionnent pour former de grandes bulles de plusieurs centimètres. Ces bulles sont particulièrement douloureuses et peuvent rendre plusieurs gestes difficiles à effectuer avec vos mains (cuisiner, travailler, porter des objets…). Une consultation médicale rapide est recommandée pour éviter tout risque de surinfection bactérienne.
La dyshidrose hémorragique
La dyshidrose hémorragique est la forme la plus rare. Ici, les vésicules contiennent un liquide hémorragique (sang) teinté en rouge ou en brun. Même si cette forme est spectaculaire et particulièrement inquiétante, elle reste généralement bénigne. Elle nécessite toutefois un diagnostic médical pour écarter d'autres pathologies et vous orienter vers un traitement médicamenteux adapté.
Quelles sont les causes de la dyshidrose ?
D’après la recherche actuelle, la dyshidrose est une affection multifactorielle. Voici donc les principaux facteurs impliqués.
- Le terrain atopique. Les personnes ayant un antécédent d'eczéma atopique, d'asthme ou de rhinite allergique sont plus exposées à la dyshidrose. La fragilité de leur barrière cutanée les rend plus sensibles aux déclencheurs externes.
- L'allergie de contact. L'exposition aux substances irritantes présentes dans les produits ménagers, les détergents, les solvants ou les métaux (nickel, cobalt, chrome) provoque fréquemment une réaction allergique sur les paumes et les doigts. Les coiffeurs, les aides-soignants, les peintres et les personnes travaillant dans le milieu de la restauration figurent ainsi parmi les professions les plus touchées.
- La transpiration excessive. La transpiration en excès (hyperhidrose) est un facteur aggravant identifié chez de nombreuses personnes atteintes3. L'humidité persistante au niveau des paumes fragilise la barrière cutanée et favorise les poussées.
- Le stress émotionnel. Le stress est un déclencheur bien documenté de la dyshidrose. De nombreux patients observent une corrélation nette entre les épisodes de stress intense et l'apparition des premières vésicules.
- Le climat chaud et humide. Les pics de chaleur et l'humidité ambiante élevée sont un terrain favorable aux poussées, surtout pendant l'été. Un climat chaud et humide peut ainsi aggraver une dyshidrose déjà existante.
- Les infections fongiques. Une mycose des pieds ou une autre infection fongique peuvent provoquer une réaction à distance sur les mains par un mécanisme immunologique appelé réaction « id ». Dans ce cas, la barrière cutanée des paumes répond à une infection localisée ailleurs sur le corps.
- Les allergies alimentaires. Chez certains patients, une allergie alimentaire (notamment au nickel contenu dans certains aliments) peut déclencher des réactions allergiques cutanées de type dyshidrosique. Notez toutefois que ce mécanisme reste moins fréquent.
Bon à savoir : Dans une étude portant sur 120 patients, des chercheurs ont identifié que dans la grande majorité des cas, une allergie de contact aux produits cosmétiques ou d'hygiène constituait le principal facteur déclenchant (devant les métaux et les infections fongiques)4.
Comment reconnaître les symptômes de la dyshidrose ?
La dyshidrose débute souvent de façon brutale : des démangeaisons vives apparaissent soudainement sur les paumes ou les doigts, suivies rapidement d’une éruption de vésicules. Ces vésicules siègent en profondeur dans le derme, ce qui leur donne un aspect bombé qui les différencie des lésions des autres formes d'eczéma5.
En l'espace de quelques semaines, les vésicules sèchent et laissent place à une peau qui pèle et se craquelle. Cette phase de desquamation peut être douloureuse, surtout sur les extrémités des doigts. Si les lésions sont grattées ou surinfectées, elles peuvent évoluer vers un impétigo ou une autre surinfection bactérienne qui se reconnaît par l'apparition d'un liquide trouble ou d'une rougeur étendue autour des vésicules. C’est pourquoi il est absolument nécessaire de consulter un médecin dès que vous suspectez une dyshidrose.
Comment se déroule le diagnostic de la dyshidrose ?
Le diagnostic de la dyshidrose est avant tout clinique. Le médecin commence par examiner l'aspect et la localisation des lésions, puis il recueille l'historique des poussées ainsi que vos différentes expositions aux irritants. Dans de nombreux cas, ce seul examen suffit à établir un diagnostic.
Pour identifier une éventuelle allergie de contact ou une allergie alimentaire sous-jacente, des tests cutanés (patch-tests) peuvent être réalisés. Ces tests permettent d'exposer la peau à une série de substances et d'observer les réactions allergiques éventuelles afin de cibler les déclencheurs à éviter. Si une mycose des pieds est suspectée, un prélèvement mycologique complète le bilan. Le diagnostic différentiel avec d'autres affections bulleuses (psoriasis pustuleux, gale) est parfois nécessaire.
Comment apaiser durablement la dyshidrose ?
La dyshidrose se gère rarement avec une seule approche. Pour bénéficier d’une prise en charge durable, il faut associer un traitement médicamenteux (prescrit par un professionnel de santé), des soins adaptés à votre peau et quelques ajustements dans vos habitudes de vie.
Avec des traitements médicamenteux
Lors d'une poussée active, le médecin prescrit généralement une crème à base de cortisone (dermocorticoïde) de puissance adaptée à la localisation et à la sévérité des lésions. Appliquée sous occlusion pour renforcer son efficacité, elle réduit l'inflammation cutanée et accélère la disparition des vésicules.
Selon votre situation précise, d’autres solutions peuvent être envisagées.
- En cas de surinfection bactérienne : une crème antibiotique ou un traitement oral.
- Pour les personnes chez qui la transpiration excessive est un facteur déclenchant majeur : des injections de toxine botulique dans les paumes. Cela permet de réduire la sudation et d'espacer les poussées6.
- Pour les formes récidivantes ou résistantes aux traitements locaux : la photothérapie (UVA ou PUVA-thérapie).
Avec de bons gestes au quotidien
La prévention des poussées passe aussi par une série d'ajustements concrets dans votre quotidien. En voici quelques-uns.
- Protéger ses mains. Portez des gants de coton sous des gants en plastique lors des tâches ménagères impliquant des produits ménagers, des détergents ou de l'eau qui coule en continu. Si vous portez seulement des gants en plastique, ils risquent de retenir la transpiration et d’aggraver la dyshidrose.
- Protéger ses pieds. En cas de localisation plantaire, portez des chaussettes en coton et évitez les chaussures synthétiques : ces dernières favorisent la macération. Si vous remarquez une mycose des pieds, traitez-la rapidement pour éviter qu'elle entretienne les poussées de dyshidrose.
- Adopter une alimentation saine et adaptée. Si une sensibilité au nickel a été identifiée lors des tests cutanés, une alimentation saine à faible teneur en nickel peut aider à réduire la fréquence des poussées. Cela implique de limiter certains aliments riches en ce métal (légumineuses, céréales complètes, fruits à coque…).
- Gérer le stress. Dans la mesure où le stress émotionnel est un déclencheur fréquent, des techniques de relaxation comme la méditation, le yoga ou la cohérence cardiaque peuvent aider à espacer les crises.
Définition : Les bons gestes à suivre
La dyshidrose est une affection chronique, mais de la même manière que l’eczéma, elle se gère très bien si vous adoptez la bonne approche.
Nos conseils ne remplacent pas ceux de votre médecin. Pour en savoir plus sur les meilleures solutions contre votre dyshidrose, consultez un professionnel de santé qualifié.
Sources
1 Lofgren SM, Warshaw EM. « Dyshidrosis: epidemiology, clinical characteristics, and therapy ». Dermatitis 17, no 4 (2006) : 165-181. https://doi.org/10.2310/6620.2006.05021.
2 Wollina, Uwe. « Pompholyx: A Review of Clinical Features, Differential Diagnosis, and Management ». American Journal of Clinical Dermatology 11, no 5 (2010): 305‑14. https://doi.org/10.2165/11533250-000000000-00000.
3 Lambert, D. « [Dyshidrosis] ». La Revue Du Praticien 48, no 9 (1998): 968‑70.
4 Guillet, Marie Hélène, Ewa Wierzbicka, Stephanie Guillet, Guy Dagregorio, et Gerard Guillet. « A 3-Year Causative Study of Pompholyx in 120 Patients ». Archives of Dermatology 143, no 12 (2007): 1504‑8. https://doi.org/10.1001/archderm.143.12.1504.
5 Veien NK. « Acute and recurrent vesicular hand dermatitis ». Dermatologic Clinics 27, no 3 (2009) : 337-353. https://doi.org/10.1016/j.det.2009.05.013.
6 Wollina, U., et T. Karamfilov. « Adjuvant Botulinum Toxin A in Dyshidrotic Hand Eczema: A Controlled Prospective Pilot Study with Left-Right Comparison ». Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology: JEADV 16, no 1 (2002): 40‑42. https://doi.org/10.1046/j.1468-3083.2002.00361.x.
7 Chiang C, Eichenfield LF. « Quantitative assessment of combination bathing and/or moisturizing regimens on skin hydration in atopic dermatitis ». Pediatric Dermatology 26, no 3 (2009) : 273-278. https://doi.org/10.1111/j.1525-1470.2009.00911.x.
Avec des soins pour peau à tendance atopique
Pour réduire la fréquence des poussées et apaiser votre peau, appliquez une crème hydratante plusieurs fois par jour, notamment après chaque contact avec l'eau. Ce simple geste va aider à maintenir l'hydratation cutanée et à renforcer le film protecteur de la peau7.
Nos soins pour peaux ayant une tendance à l'eczéma atopique rassemblent justement des formules pensées pour les peaux sèches et réactives. Ainsi, vous pouvez parfaitement les intégrer dans votre routine personnalisée anti-dyshidrose. Par exemple, la Crème Lipikar AP+M est particulièrement efficace pour soulager les démangeaisons et nourrir la peau sèche. Avec elle, vous bénéficiez de :
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Appliquez-la de préférence juste après la douche, sur une peau légèrement humide, en insistant sur les zones concernées par la dyshidrose.
*Auto-évaluation, 50 sujets.
**Auto-évaluation à 28 jours par 50 adultes, LIPIKAR CRÈME AP+M appliquée sur le corps et le visage pendant 4 semaines.

