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Cicatrice hypertrophique : causes et solutions pour l'atténuer

Les cicatrices hypertrophiques sont une préoccupation commune à de nombreuses personnes. Selon la Haute Autorité de Santé, leur fréquence varie entre 39 et 68 % après une chirurgie et entre 33 et 91 % après une brûlure. Peu esthétiques, ces cicatrices surélevées et épaissies peuvent provoquer gêne et inconfort au quotidien. Vous êtes aux prises avec une cicatrice hypertrophique qui ne veut pas disparaître ? Suivez notre guide pour découvrir des méthodes efficaces pour réduire son apparence.

L'essentiel sur les cicatrices hypertrophiques
  • La cicatrice hypertrophique est une cicatrice surélevée, épaissie et souvent rouge ou rosée, qui apparaît après une chirurgie, une brûlure, une blessure ou une poussée d'acné.
  • Sa fréquence varie entre 39 et 68 % après une chirurgie et entre 33 et 91 % après une brûlure, selon la Haute Autorité de Santé.
  • Plusieurs facteurs augmentent le risque, notamment la prédisposition génétique, l'âge, le phototype, les zones concernées, le tabagisme, l'hypertension et l'alimentation.
  • Contrairement à la cicatrice chéloïde, elle reste confinée à la zone de la plaie initiale et tend à se résorber naturellement avec le temps.
  • Pour l'atténuer, il est conseillé d'appliquer des gels et des pansements de silicone, de réaliser des massages quotidiens, d'utiliser des soins réparateurs, de faire de la pressothérapie et, si besoin, de se tourner vers des traitements médicaux (corticoïdes en injection, laser, chirurgie de révision…).

Qu'est-ce qu'une cicatrice hypertrophique ?

Une cicatrice hypertrophique est une réaction normale du corps à une blessure, généralement après une opération chirurgicale ou une brûlure. Elle se forme lorsque le processus de cicatrisation va au-delà de ce qui est nécessaire pour réparer la peau endommagée, d'où cet aspect bombé à la surface de la peau. Les cicatrices peuvent être rouges, roses ou violacées, souvent avec une texture irrégulière, et provoquer des envies de grattage.

La Haute Autorité de Santé indique également que les personnes dotées d'un phototype faible, c'est-à-dire d'une peau claire, sont plus susceptibles de développer ces cicatrices boursouflées. Autrement, tous les épidermes peuvent y être confrontés indépendamment du sexe.

Comment se forment les cicatrices hypertrophiques ?

En temps normal, la cicatrisation est un processus de la peau qui consiste à régénérer les tissus endommagés après une incision ou une brûlure. Cependant, il arrive que des anomalies se présentent en cours de route : la cicatrice hypertrophique est le résultat de l'une d'elles. Ici, la production de fibroblastes, les cellules de la peau qui composent le tissu conjonctif, est anormalement élevée au cours de la cicatrisation de la plaie. Cette suractivité entraîne une surproduction de collagène et une déformation au lieu d'une résorption progressive de la blessure.

Quels sont les facteurs de risque ?

Si la cicatrice hypertrophique peut toucher tout le monde, certains profils y sont plus exposés. Voici les principaux facteurs à connaître pour anticiper le risque.

  • La prédisposition génétique : un antécédent familial de cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes augmente sensiblement le risque d'en développer à votre tour.
  • L'âge : si vous avez entre 11 et 30 ans, sachez qu'il s'agit de la tranche d'âge la plus exposée aux cicatrices hypertrophiques. Pourquoi ? Car l'activité fibroblastique est plus intense et le système immunitaire est encore très réactif.
  • Le phototype : les peaux claires sont plus susceptibles de développer des cicatrices en relief, même si les peaux mates et foncées peuvent aussi être concernées (avec un risque plus marqué de chéloïdes).
  • Les zones touchées : les cicatrices situées sur le sternum, les épaules, le dos, le lobe d'oreille ou les articulations subissent des forces mécaniques importantes au quotidien, ce qui favorise leur épaississement.
  • Le tabagisme : la nicotine et le monoxyde de carbone altèrent la microcirculation cutanée et ralentissent la cicatrisation, augmentant le risque d'anomalies.
  • L'hypertension artérielle : une pression artérielle élevée serait associée à une cicatrisation anormale, en raison d'une mécanique vasculaire plus marquée au niveau de la plaie.
  • Une alimentation déséquilibrée : les carences en protéines, en zinc, en vitamines A et C peuvent compromettre la qualité de la cicatrisation.

Comment différencier une cicatrice hypertrophique d'une cicatrice chéloïde ?

Souvent, cicatrice hypertrophique et cicatrice chéloïde sont confondues, et à raison : chacune partage des points communs avec l'autre. Toutes deux résultent d'une surproduction de fibroblastes au moment de la cicatrisation, jusqu'à provoquer un excès de tissu cutané. Aussi, les individus qui les rencontrent sont tous confrontés à une certaine gêne esthétique ainsi qu'à de l'inconfort, notamment à cause des démangeaisons provoquées par la cicatrice, voire parfois de la douleur.

Mais en réalité, ces deux formes de cicatrisation cutanée sont bien différentes. La cicatrice chéloïde représente l'évolution pathologique d'une cicatrisation excessive, et n'est pas systématiquement le prolongement d'une cicatrice hypertrophique non traitée. Pour les reconnaître, on peut s'appuyer sur les caractéristiques suivantes :

  • une cicatrice hypertrophique se résorbe naturellement au fil du temps, tandis qu'une cicatrice chéloïde ne s'améliore que très difficilement et a tendance à récidiver ;
  • les fibroblastes sont bien plus actifs dans les cicatrices chéloïdes que dans les cicatrices hypertrophiques ;
  • tandis qu'une cicatrice hypertrophique ne dépasse jamais la plaie qui la concerne, la cicatrice chéloïde peut s'étendre au-delà et atteindre la peau saine environnante.

Seuls les professionnels de santé sont à même de déterminer le type de cicatrice qui vous concerne. Dès les premiers signes, nous vous conseillons donc de consulter votre médecin traitant ou un dermatologue pour recevoir un diagnostic différentiel et des conseils adaptés à votre situation. Si la zone vous semble également inflammée ou douloureuse, vérifiez qu'il ne s'agit pas d'une cicatrice infectée.

Comment éviter la formation de cicatrices hypertrophiques ?

Vous venez d'être opéré ou de subir une brûlure importante ? Sachez qu'il est possible de réduire significativement le risque que votre blessure se transforme en cicatrice hypertrophique.

Dès que la plaie commence à cicatriser, il est important d'y appliquer des pansements siliconés, des gels spécifiques à base de silicone et des bandages compressifs. Le port de vêtements de compression adaptés à la morphologie est aussi préconisé dans le cadre d'une pressothérapie. Si vous avez des facteurs génétiques favorables au développement d'une cicatrice anormale, il est vivement recommandé d'être suivi par un professionnel de santé (généralement durant 3 à 12 mois) pour s'assurer du bon déroulement de la cicatrisation.

Après une intervention chirurgicale, les injections de corticoïdes sont parfois préconisées chez les patients à haut risque pour prévenir l'apparition de cicatrices hypertrophiques. L'application de soins à base de corticoïdes peut également être proposée en fonction de la décision du dermatologue. Pensez donc à vous renseigner auprès d'un professionnel de santé pour qu'il puisse vous aiguiller vers la meilleure solution.

Enfin, l'adoption d'une alimentation saine et équilibrée joue un rôle important dans le bon déroulement de la cicatrisation d'une plaie. Pour limiter les risques de formation d'une cicatrice hypertrophique ou de toute autre anomalie, misez sur des aliments riches en protéines, en glucides complexes et en acides gras essentiels.

Comment réduire l'apparence d'une cicatrice hypertrophique ?

Si l'une de vos chirurgies ou blessures a entraîné l'apparition d'une cicatrice hypertrophique, sachez qu'il est encore temps d'agir pour la faire disparaître avant qu'elle ne se transforme en cicatrice chéloïde. Voici les conseils à suivre.

Suivre un traitement approprié

Si une cicatrice hypertrophique se forme sur votre peau, n'attendez pas qu'elle grandisse avant de consulter un professionnel de santé. Ce dernier pourra vous conseiller le meilleur traitement en vue de réduire l'apparence de votre cicatrice bombée, jusqu'à sa résorption.

Bien que la prise en charge des cicatrices hypertrophiques soit avant tout préventive (pressothérapie avec vêtements compressifs, application de gels à base de silicone, corticoïdes), il est encore possible d'agir lorsqu'elle est installée. Un traitement chirurgical peut alors être proposé : il consiste à pratiquer une résection cicatricielle, une sorte de correction de la cicatrice qui vise à la rendre moins visible. Au contraire des cicatrices chéloïdes, le taux de récidive est faible, ce qui permet à la cicatrice hypertrophique de s'estomper durablement.

En dehors d'une intervention chirurgicale, d'autres méthodes existent. Le traitement médical le plus conseillé demeure la prise de corticoïdes, souvent via des injections. En plus de rendre la cicatrice moins visible, ces hormones stéroïdiennes réduisent les sensations qui y sont associées telles que la douleur et les démangeaisons.

La thérapie au laser CO2 est également un choix à considérer lorsque les autres méthodes sont inefficaces : les études sur son efficacité réelle sont encore relativement variables, certaines personnes pouvant rencontrer des effets secondaires. Avant toute prise de décision, discutez-en donc avec votre médecin ou un dermatologue afin d'évaluer ce qui correspond le mieux à vos besoins.

Appliquer un pansement ou un gel de silicone

Les pansements et gels à base de silicone constituent le traitement non invasif le mieux documenté pour réduire les cicatrices hypertrophiques. Leur mécanisme repose sur l'hydratation et l'occlusion de la couche cornée, ce qui limite la perte en eau et module l'activité des fibroblastes responsables de la surproduction de collagène.

Le gel de silicone s'applique en couche fine 2 fois par jour sur une cicatrice propre et sèche, en laissant sécher quelques minutes avant de couvrir la zone. Le pansement siliconé, lui, se porte plusieurs heures par jour (idéalement 12 à 24h) et se réutilise pendant 2 à 4 semaines selon les produits.

Les premiers résultats sont visibles après 4 à 8 semaines d'utilisation régulière, mais une cure de 3 à 6 mois est généralement recommandée pour obtenir des résultats durables.

Définition : Pour identifier le produit le plus adapté à votre cicatrice rouge et gonflée, demandez conseil à votre pharmacien.

Réaliser un massage cicatriciel

Le massage cicatriciel est une méthode simple et efficace pour assouplir une cicatrice hypertrophique et limiter ses adhérences aux tissus sous-jacents. Pratiquez-le quotidiennement à partir de 3 à 4 semaines après la fermeture complète de la plaie (et seulement lorsque la cicatrice n'est plus à vif), pour aider à améliorer la souplesse cutanée et à réduire la sensation de tiraillement.

Pour bien le réaliser :

  • appliquez une noisette de crème ou d'huile végétale neutre sur la zone ;
  • effectuez des mouvements circulaires lents et fermes pendant 5 à 10 minutes ;
  • répétez cette technique 2 fois par jour.

Bon à savoir : pour réaliser ce massage, vous pouvez aussi pratiquer le « palper-rouler ». Cela consiste à pincer délicatement la peau entre les doigts pour la décoller des tissus profonds).

En cas de doute sur la technique ou si la cicatrice est étendue, un kinésithérapeute formé peut vous accompagner dans les premières séances.

Faire une cure thermale

Les cures thermales recèlent de nombreux bienfaits pour le corps et l'esprit. En complément de votre prise en charge médicale et de l'application de soins adaptés, un tel séjour peut être grandement bénéfique. Les études du Centre Thermal La Roche-Posay montrent en effet que son eau thermale possède des vertus cicatrisantes et apaisantes. Sous la prescription de votre médecin ou d'un autre professionnel de santé, le suivi d'une cure thermale permet d'atténuer l'apparence de votre cicatrice hypertrophique tout en soulageant les sensations associées comme le prurit ou la gêne au mouvement.

Utiliser une crème spécifique

Au quotidien, l'application d'une crème hydratante et apaisante aide à réduire les rougeurs, les démangeaisons et la sensation de rugosité de la zone cicatricielle. Privilégiez des formules riches en agents apaisants, comme la provitamine B5 (panthénol), reconnue pour favoriser la régénération cutanée. Notre crème réparatrice apaisante Cicaplast Baume B5+ a été spécifiquement formulée pour accompagner la peau après une lésion : sa texture nourrissante apaise les sensations d'inconfort et soutient le confort cutané de la cicatrice. Appliquez-la matin et soir, en couche fine, sur une cicatrice refermée et propre.

Cicatrice hypertrophique : quelles sont les différences selon chaque cas ?

L'aspect, la localisation et la prise en charge d'une cicatrice hypertrophique varient selon l'origine de la blessure. Voici un aperçu des particularités à connaître pour chacune des situations les plus fréquentes.

Une cicatrice hypertrophique après césarienne

Située au niveau du pubis, la cicatrice de césarienne est confrontée à des tensions mécaniques régulières (mouvements, port de bébé, vêtements), ce qui favorise son épaississement chez les femmes prédisposées. Dès la cicatrisation complète, il est donc conseillé de se tourner vers des produits à base de silicone et les massages cicatriciels.

Une cicatrice hypertrophique de brûlure

Les cicatrices de brûlure, surtout pour les brûlures profondes (deuxième degré profond et troisième degré), figurent parmi les plus à risque de développer une forme hypertrophique. Pour la prise en charge, la pressothérapie par vêtements compressifs est souvent privilégiée, associée à des gels de silicone et des massages réalisés par un kinésithérapeute.

Une cicatrice hypertrophique d'acné

Les cicatrices hypertrophiques liées à l'acné apparaissent surtout sur le torse, les épaules et le dos, zones où la peau est plus épaisse et sous tension. Leur prévention passe par une prise en charge précoce des poussées d'acné inflammatoire pour limiter les lésions profondes, et leur atténuation peut faire appel à des injections de corticoïdes ou à des peelings dermatologiques.

Une cicatrice hypertrophique après piercing

Le lobe d'oreille, le cartilage du nez ou le nombril sont des zones où les piercings peuvent évoluer vers une cicatrice hypertrophique, voire chéloïdienne chez les personnes prédisposées. Au moindre signe de relief ou de rougeur persistante autour du piercing, il est important de consulter un dermatologue pour mettre en place une prise en charge précoce (gel de silicone, corticoïdes locaux) avant que la cicatrice ne s'aggrave.

Qu'elle soit post-opératoire ou consécutive à une blessure, la cicatrisation complète est un processus délicat qui demande d'être attentivement surveillé. Lorsqu'une cicatrice hypertrophique se développe, il est important de consulter au plus tôt un professionnel de santé afin d'empêcher l'aggravation de ses symptômes. Vous pourrez ainsi mettre en place les bons gestes au bon moment et retrouver un confort de vie optimal.

Nos conseils ne remplacent pas ceux d'un professionnel de santé. Pour de plus amples informations au sujet des cicatrices hypertrophiques, nous vous invitons à consulter votre médecin traitant ou un dermatologue.

Sources

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7 Shin TM, Bordeaux JS. « The Role of Massage in Scar Management: A Literature Review ». Dermatologic Surgery 38, no 3 (2012) : 414-423. https://doi.org/10.1111/j.1524-4725.2011.02201.x.

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